02.11.2026

Rendre l’eau accessible en Afrique de l’Ouest : Jérémy Vincent, Ingénieur hydraulicien, partage son expérience de salarié porté à l’international avec SAGE

Pouvez-vous nous présenter votre parcours et ce qui vous a amené à l’ingénierie de l’eau ?

Je suis ingénieur hydraulicien, spécialisé en forage. J’ai obtenu mon diplôme à l’Institut International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement (2iE) de Ouagadougou au Burkina Faso.

Cette formation m’a permis d’acquérir de solides compétences dans le domaine de l’hydraulique et de l’hydrogéologie avec une spécialisation dans les travaux de forage.

 

Mon parcours professionnel s’est ensuite réalisé principalement en Afrique de l’Ouest. Je travaille au sein de la société FFA (Fondations et Forages d’Afrique) depuis plus de 10 ans. Cette entreprise spécialisée dans les forages et les projets hydrauliques, où j’ai progressivement pris des responsabilités techniques, opérationnelles et managériales, jusqu’à assurer des fonctions de direction.

Durant ces années, j’ai pu réaliser des projets importants dans le domaine de l’AEP ainsi que des forages à haute technicité, notamment des forages de grande profondeur pouvant dépasser 500 mètres, tout en assurant la gestion opérationnelle et le développement des activités de l’entreprise.

Ce qui m’a attiré dans ce métier, c’est son caractère concret, mais aussi des défis techniques et humains qu’il représente.

Jéremy Vincent, forage hydraulique afrique de l'ouest

Comment définiriez-vous le cœur de votre expertise en une phrase ?

Mon expertise repose sur l’ingénierie et la réalisation de projets hydrauliques complexes, avec une spécialisation dans les forages de grande profondeur, associée à

une solide expérience dans le pilotage opérationnel, le management et la direction d’activités en Afrique de l’Ouest.

 

Comment votre activité a-t-elle évolué ces dernières années ?

À l’origine, mon travail était principalement orienté vers les aspects techniques et opérationnels des projets.

 

Progressivement, j’ai pris des responsabilités plus larges, notamment dans la gestion des équipes, le suivi financier, les relations avec les clients et le développement commercial. J’ai toujours tenu à conserver une implication importante dans les aspects techniques des projets (surtout lors de la réalisation des forages de grande profondeur).

 

Aujourd’hui, mon rôle est autant celui d’un ingénieur que celui d’un responsable d’entreprise. Je dois être capable de comprendre les problématiques techniques, d’anticiper les risques, d’organiser les moyens humains et matériels et d’assurer la bonne gestion économique des opérations.

 

Dans quelles régions du monde avez-vous exercé ? Où exercez-vous actuellement ?

Je travaille essentiellement en Afrique de l’Ouest, notamment au Togo, Bénin, Burkina Faso et en Guinée.

 

Je suis installé au Togo depuis 2013, ce qui m’a permis de développer une très bonne connaissance de la région, aussi bien professionnellement et culturellement.

 

Actuellement, mon poste est directeur régional, je m’occupe principalement du Togo avec l’objectif de développement dans les autres pays d’Afrique de l’Ouest.

Pourquoi l’Afrique de l’Ouest est-elle devenue votre terrain de prédilection ?

J’avais le souhait de vivre et travailler en Afrique (après plusieurs voyages en étant enfant). C’est d’ailleurs dans ce but que j’ai réalisé mes études d’ingénieur au 2iE, avec l’objectif de poursuivre ensuite mon parcours professionnel sur le continent africain.

 

L’Afrique de l’Ouest est une région que j’aime beaucoup, tant pour sa richesse humaine et culturelle que pour les opportunités professionnelles qu’elle offre.

 

Dans le domaine de l’eau, les besoins en infrastructures sont considérables. C’est un environnement particulièrement stimulant, où il faut constamment faire preuve d’adaptation et d’initiative.

 

Je vis au Togo depuis 2013. J’ai eu la chance de partager cette expérience de vie à l’international avec mon épouse et nos enfants. Ce projet, à la fois professionnel et

familial, a renforcé au fil des années mon attachement à cette région, où nous avons choisi de nous installer dans la durée.

Quels sont aujourd’hui les grands enjeux de l’accès à l’eau potable dans les pays où vous intervenez ?

L’un des principaux enjeux reste la mobilisation de ressources en eau suffisantes et durables, notamment dans les régions où les ressources superficielles sont limitées ou irrégulières.

Dans certaines zones, l’accès à des ressources souterraines exploitables nécessite des forages de plus en plus techniques, parfois à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Il faut également prévoir le transport et le stockage sur des distances qui peuvent être importantes.

 

Mais la profondeur ne garantit pas nécessairement la présence d’eau en quantité suffisante ou de qualité satisfaisante. Il faut disposer d’une bonne connaissance du contexte hydrogéologique, adapter les méthodes de réalisation et s’assurer que les ressources pourront être exploitées durablement.

 

Au-delà de la mobilisation de l’eau, un autre enjeu majeur concerne la pérennité des infrastructures : maintenance des installations, gestion des équipements et capacité des exploitants à assurer leur fonctionnement sur le long terme.

 

Selon moi, la réussite de l’accès à l’eau repose autant sur la qualité technique des ouvrages que sur leur capacité à fonctionner durablement.

 

Quelles difficultés rencontrez-vous le plus souvent sur le terrain ?

Dans le domaine des forages de grande profondeur, les principales difficultés sont d’abord techniques.

 

Lorsque l’on réalise un forage à plus de 500 mètres de profondeur, on travaille dans un environnement où les conditions géologiques peuvent évoluer rapidement. Nous pouvons rencontrer des formations instables, des pertes de circulation, des venues d’eau inattendues ou des difficultés liées à la tenue des parois.

 

À ces profondeurs, un problème technique peut rapidement avoir des conséquences importantes, tant sur le planning que sur les coûts. Il faut donc être capable d’analyser les situations et de prendre rapidement les bonnes décisions.

 

À cela s’ajoutent les contraintes logistiques : disponibilité des équipements, approvisionnement en pièces de rechange, transport de matériel lourd ou mobilisation de personnel spécialisé.

 

Enfin, les aspects administratifs, contractuels et financiers constituent également une part importante des difficultés rencontrées.

 

Qu’est-ce qui rend une mission réussie, à vos yeux ?

 

Pour moi, une mission réussie est avant tout une mission qui répond aux attentes du client et dont les objectifs ont été atteints, que ce soit techniquement ou financièrement.

 

Dans un environnement international, la capacité d’adaptation, l’autonomie et la réactivité sont également essentielles pour faire face aux imprévus et mener à bien les projets.

 

Je considère qu’une mission est réussie lorsqu’elle apporte une réelle valeur ajoutée au client et qu’elle permet de construire une relation professionnelle durable.

 

forage afrique de l'ouest

Pouvez-vous nous donner un ou deux exemples concrets de missions ?

J’ai deux principales missions dans mon travail :

 

– Trouver une eau de qualité et en quantité, c’est la partie forage : les campagnes de forages profonds que nous réalisons dans le cadre de projets de recherche et de mobilisation des ressources en eau souterraine. Certains ouvrages peuvent dépasser 500 mètres de profondeur et nécessitent la mobilisation de foreuses de grande capacité ainsi que d’équipes techniques spécialisées.

 

– Exploiter cette ressource via le transport et le stockage : les projets d’alimentation en eau potable. Ces opérations comprennent généralement l’installation des équipements électromécaniques, la construction des réservoirs et la réalisation des réseaux de distribution.

 

Ces projets permettent d’associer notre expertise dans la mobilisation des ressources souterraines à une approche globale de l’ingénierie hydraulique, jusqu’à la distribution de l’eau aux utilisateurs.

 

Qui sont vos clients et vos donneurs d’ordre principaux ?

Nous travaillons principalement avec des institutions publiques, des bailleurs de fonds, des ONG et associations et des entreprises privées.

 

Une partie importante des projets publics est financée par des partenaires internationaux du développement, notamment la Banque mondiale, l’Agence française de développement ou d’autres institutions financières.

 

Nous intervenons également pour des clients industriels, où les besoins en eau et en études hydrogéologiques peuvent être importants.

 

Quelle est la durée typique d’une mission et quel est votre statut sur place ?

La durée des projets est très variable. Certaines interventions techniques peuvent durer quelques semaines ou quelques mois, tandis que les projets d’infrastructures plus importants s’étendent parfois sur plusieurs années.

 

Dans mon cas, il ne s’agit pas uniquement de missions ponctuelles puisque je suis installé durablement au Togo.

 

J’exerce des fonctions de direction et de développement d’activités, avec un contrat de travail organisé dans le cadre du portage salarial international proposé par SAGE.

 

Pourquoi avez-vous choisi le portage salarial international pour exercer votre métier ?

Le portage salarial international permet de disposer d’un cadre contractuel et administratif adapté à une activité professionnelle exercée à l’étranger.

 

Dans mon cas, il s’agit d’une solution qui permet de concilier des responsabilités opérationnelles importantes sur le terrain avec une organisation contractuelle structurée.

C’est particulièrement intéressant lorsque l’on travaille à l’international, où les questions administratives, sociales et contractuelles peuvent rapidement devenir complexes.

 

Quels avantages concrets en retirez-vous au quotidien ?

Le principal avantage est de pouvoir me concentrer sur mon activité professionnelle et mes responsabilités opérationnelles.

 

La gestion administrative liée au contrat de travail est prise en charge dans un cadre organisé, ce qui simplifie un certain nombre de démarches.

 

C’est également appréciable de disposer d’un interlocuteur identifié pour les questions contractuelles et administratives, particulièrement lorsqu’on exerce son activité à plusieurs milliers de kilomètres de son pays d’origine.

Comment décririez-vous votre relation avec les équipes SAGE ?

Ma relation avec les équipes SAGE repose avant tout sur la confiance, la disponibilité et la simplicité des échanges.

J’apprécie particulièrement le fait de pouvoir conserver une grande autonomie dans mon activité, tout en bénéficiant d’un accompagnement sur les aspects administratifs et contractuels.

Qu’est-ce qui vous anime le plus dans ce métier ?

Ce qui me passionne avant tout, c’est la partie technique et le fait de devoir constamment trouver des solutions et innover.

 

Dans le forage de grande profondeur, chaque opération est différente. Même avec des études préalables, il y a toujours une part d’incertitude liée aux conditions géologiques. Il faut donc savoir analyser, anticiper et parfois prendre des décisions techniques importantes très rapidement.

 

J’apprécie également le fait de pouvoir associer cette dimension technique à la gestion d’entreprise, au management des équipes et au développement de nouveaux projets.

 

Quel conseil donneriez-vous à un ingénieur qui veut travailler à l’international ?

 

Je lui conseillerais avant tout de faire preuve de curiosité et d’une grande capacité d’adaptation.

 

Les compétences techniques sont indispensables, mais elles ne suffisent pas. Il faut également savoir comprendre les différences culturelles et accepter que les méthodes de travail ne soient pas nécessairement les mêmes partout.

 

Il ne faut pas non plus hésiter à prendre des responsabilités et à sortir de sa zone de confort.

 

Travailler à l’international est une expérience extrêmement enrichissante, tant sur le plan professionnel que personnel. Cela permet de développer une vision beaucoup plus large de son métier et d’acquérir une autonomie que l’on retrouve difficilement dans d’autres environnements.

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